white ceramic sink with stainless steel faucet

Dans les pas de mes ancêtres

JE reconstruis l’histoire pour la mémoire

Mes racines paternelles

viennent d’une terre qui parle bas, Du pays de Bécherel entre Irodouër, Miniac-sous-Bécherel et Cardroc. Une terre de granite et de vent, où les saisons décident de tout.

Les noms de ma lignée : Ruault, Caret, Alix. Des noms qui n’ont jamais cherché la lumière, mais qui ont tenu bon, génération après génération. Mes ancêtres n’avaient presque rien, et pourtant bien des valeurs sont restées et des noms gravés sur des pierres et actes et documents, photos retrouvées.

Ils étaient laboureurs, journaliers, cantonniers, tisserands, ou soldats aux fronts pour les hommes et journalières cultivatrices, ménagères pour les femmes. Ils savaient que la vie ne serait jamais facile, alors ils l'attaquent de front, la tête baissée, les mains dans la terre. Personne n’écrivait leur histoire.

Mes racines maternelles

Mes racines maternelles sont un mélange géographique et culturel, issu à la fois d’un peuple enraciné dans sa terre ancestrale et d’un peuple contraint de fuir pour survivre. Je suis d’autant plus marqué par cette histoire que je suis la première génération, depuis mes arrière-grands-parents, dont la famille est à nouveau enracinée dans la même région et dans le même département que mon lieu de naissance.

Ces racines viennent autant des Côtes-d’Armor, à Plénée-Jugon, que des Hauts-de-France, dans la Somme. Une partie de mes aïeux ont quittés leurs territoires modestes pour rejoindre l’Île-de-France afin d’y trouver du travail. C’est ce qu’a fait mon arrière-grand-mère Macé dans les années 1930, comme l’avaient fait avant elle mes aïeux Bénard au début des années 1900.

Mes racines maternelles portent aussi l’empreinte d’un départ sans retour. Elles sont façonnées par l’exil, arrachées aux plaines de Pologne, aux rues de Varsovie, de Będzin et de Łódź. Les Immergout, Magier et les Nadanowsky ont traversé l’Europe comme on traverse une saison d’orage : avec la peur pour bagage et l’espoir pour seule boussole. Avant que la Shoah ne réduise tant de leurs vies au silence, ils avaient déjà connu les pogroms, les humiliations, la pauvreté, les départs précipités à l’aube. Leur histoire est une lutte obstinée contre l’effacement.

Ils sont arrivés à Paris en 1914 et en 1919, par vagues successives, comme si la capitale offrait un souffle possible après tant de tempêtes. Ils étaient couturiers, chapeliers, vendeurs ambulants, ouvriers presseurs. Leurs mains savaient travailler la matière, le tissu, le feutre, le cuir. Puis vinrent les années noires. La Shoah a traversé leur lignée comme un couperet. Beaucoup ont disparu, absorbés par les camps, les convois, les charniers anonymes, laissant derrière eux des fragments d’histoires, des prénoms suspendus, des gestes interrompus. Ceux qui ont survécu ont porté une mémoire tremblée, lourde d’absences.

TROIS GENERATIONS

Étudier trois générations, c’est remonter un siècle de transmissions visibles et invisibles. Cela me permet de comprendre non seulement d’où je viens, mais aussi ce que je porte en moi : des origines, des silences, des migrations et des choix qui m’ont été transmis sans que je les connaisse. En observant l’enracinement breton, l’exil ashkénaze et les fractures laissées par les guerres depuis la Première Guerre mondiale, je découvre comment l’histoire n’a pas seulement touché mes ancêtres : elle a façonné ma manière d’être, de percevoir le monde et de transmettre à mon tour.

Mes recherches ADN

44,3 % Breton

18,6 % Juif ashkénaze

(Europe centrale, Europe de l'est)

15,9 % Français

Je porte la Bretagne dans le cœur, l’Europe dans le sang et la mémoire juive dans l’âme.

J’ai choisi de faire un test ADN pour mieux comprendre d’où je viens. L’ADN me permet d’aller au-delà des souvenirs, des silences et parfois du manque d’archives. Grâce à cette recherche, je peux confirmer des lignées familiales, découvrir des origines auxquelles je ne m’attendais pas et retrouver des traces de familles dispersées par l’histoire.

Pour moi, l’ADN n’est pas seulement une donnée scientifique. C’est un outil qui relie ma biologie à mon histoire, mes origines à mon identité. Il me permet de donner une place à des ancêtres que je n’ai jamais connus, de mieux comprendre les migrations, l’exil et les événements qui ont marqué ma famille. L’ADN éclaire là où les documents manquent, là où le silence a recouvert les récits.

Ces recherches me permettent d’avancer avec plus de vérité, en portant mes héritages de manière consciente. Je ne cherche pas seulement à connaître des pourcentages : je cherche à comprendre ce que ma famille a traversé, ce qui m’a été transmis, et comment je peux à mon tour transmettre.

brown and black floral textile
brown and black floral textile